Douze des instruments présentés dans ce pôle produisent des scores. Celui-ci n’en produit pas, et son éditeur ne le présente pas comme un test psychométrique. Le confondre avec les autres serait la meilleure façon de s’en servir mal.

PASS’AVENIR est un espace d’exploration des métiers. Ce qu’il apporte à une entreprise se situe ailleurs que dans l’évaluation de quelqu’un.

Ce qu’est PASS’AVENIR et qui l’édite

PASS’AVENIR est un module de la plateforme Parcouréo, éditée par la Fondation JAE, pour Jeunesse Avenir Entreprise. Son éditeur le présente comme une solution pour apprendre à mieux se connaître, développer sa connaissance des métiers et se projeter dans le monde professionnel. Il s’appuie sur près de 1 300 fiches métiers régulièrement actualisées, c’est-à-dire sur une description du travail réel, et non sur une liste d’intitulés.

La nature de l’outil mérite d’être posée d’emblée, parce qu’elle change la façon de s’en servir. La Fondation JAE ne publie ni normes de référence, ni échantillon d’étalonnage, ni durée de passation, et l’outil ne produit pas de score que l’on comparerait à une population. C’est un support d’élaboration de projet, dont l’usage est réservé à des professionnels formés par la Fondation.

Cinq thèmes, trois modules

L’éditeur organise PASS’AVENIR autour de cinq thèmes : la personnalité, les aptitudes, les familles d’intérêts, les profils professionnels et les conditions de travail. Les intérêts n’en sont donc qu’une entrée parmi cinq, et l’outil couvre un terrain plus large qu’un simple inventaire de goûts professionnels.

Ces thèmes se travaillent à travers trois modules.

, qui sert à poser des repères avant d’aller regarder des métiers.

, qui ouvre la base métiers et permet de la parcourir selon plusieurs entrées.

, qui part d’une fonction connue pour en faire apparaître d’autres, proches par le contenu du travail.

Conseil de nos experts

Le troisième module est celui qui a le plus de valeur en entreprise. On n’y cherche pas un métier inconnu, on y cherche l’ensemble des fonctions qui mobilisent les mêmes ressorts qu’une fonction donnée sans en porter l’intitulé. Le résultat n’est pas une réponse, c’est un territoire.

Un outil conçu pour un public jeune

À dire franchement

Le public affiché par la Fondation JAE pour PASS’AVENIR est celui des lycéens, des jeunes adultes et des jeunes en insertion, à tous niveaux de qualification. Un cadre de quarante-cinq ans n’est pas ce public, et l’outil n’a pas été construit pour sa situation.

Ce décalage a une conséquence directe sur son usage en entreprise. Les modules de découverte de soi, conçus pour des personnes qui n’ont pas encore travaillé, n’apprennent pas grand-chose à quelqu’un qui a exercé des responsabilités pendant vingt ans. Cette part du travail relève d’autres instruments, étalonnés sur des adultes, comme le SOSIE 2 pour les traits et les valeurs, ou l’inventaire IRMR pour les intérêts.

Ce qui reste utile ne dépend pas de l’âge : la base métiers et la logique de proximité.

Trois usages RH qui tiennent

C’est l’usage le plus évident, et le plus aligné avec le public de l’outil. Un alternant qui arrive sans représentation claire du métier vers lequel il se dirige coûte cher à une entreprise : il faut le former, et il repart souvent parce qu’il découvre en cours de route que ce n’était pas ce qu’il imaginait. Travailler la connaissance du métier en amont réduit ce risque.

Une entreprise qui ne trouve personne sur une fonction cherche généralement mieux, avec les mêmes mots-clés. Le module des métiers voisins permet de faire l’inverse : partir de la fonction à pourvoir et identifier les métiers proches par le contenu du travail, donc les viviers auxquels personne ne pensait. C’est une manière concrète d’élargir un sourcing bloqué, davantage qu’un exercice d’orientation.

Quand une fonction disparaît ou se transforme, la conversation avec la personne concernée se heurte vite à un vide : elle ne sait pas vers quoi aller, et l’employeur non plus. Une base métiers documentée donne une matière commune à cette discussion, à condition qu’elle soit reprise en entretien.

Comment il s’utilise

L’accès se fait en ligne, depuis un navigateur, via la plateforme Parcouréo, sans installation. Aucune durée type n’est publiée par l’éditeur, et c’est cohérent avec la nature de l’outil : on ne passe pas un test chronométré, on parcourt un espace de travail, en une séance ou en plusieurs, selon les modules ouverts.

Il n’y a rien à préparer. Les questions portent sur des activités et des conditions de travail concrètes, et répondre spontanément donne un matériau plus fidèle que peser chaque réponse.

Ses limites

Il n’y a pas de score à situer par rapport à un groupe, pas de profil à opposer à un autre, et rien qui puisse fonder une décision concernant une personne. Présenter ces restitutions comme une évaluation reviendrait à leur prêter une portée qu’elles n’ont pas.

Une fiche décrit un contenu d’emploi, pas l’état du marché du travail ni le niveau de responsabilité auquel un parcours donné permet de prétendre. Une piste qui ressort se vérifie ensuite auprès de professionnels en activité.

Il travaille avec quelqu’un sur son projet, il ne renseigne pas un employeur sur un candidat.

Où PASS’AVENIR s’insère

L’outil se situe dans notre pôle outils psychométriques, tout en étant celui qui s’en éloigne le plus par nature. Son usage sur les jeunes recrues et les alternants le rattache à un plan de développement des compétences, et son usage sur les métiers qui se transforment à une démarche de gestion des emplois et des parcours professionnels. L’outil voisin Transférence, édité par la même fondation, part quant à lui de l’expérience acquise plutôt que des métiers.

Questions fréquentes

PASS’AVENIR est-il un test ?

Non, pas au sens psychométrique. La Fondation JAE ne publie ni normes ni étalonnage, et l’outil ne produit pas de score comparable à une population de référence. C’est un support d’exploration des métiers.

Combien de temps faut-il y consacrer ?

L’éditeur ne publie pas de durée type, ce qui correspond à la nature de l’outil : on l’utilise en une ou plusieurs séances, selon les modules ouverts et ce que l’on cherche.

Peut-on l’utiliser pour évaluer un candidat ?

Non. Rien de ce qu’il produit ne constitue une évaluation, et son usage dans un processus de sélection reviendrait à prêter à des restitutions une portée qu’elles n’ont pas.

Convient-il à un cadre expérimenté ?

Partiellement. Le public visé par l’éditeur est celui des jeunes, et les modules de découverte de soi apportent peu à quelqu’un qui a vingt ans de carrière. La base métiers et la logique des métiers voisins, elles, restent utiles.