Depuis la loi du 30 décembre 2025, l’entretien professionnel devient l’entretien de parcours professionnel : tous les quatre ans, pour tous les employeurs. Souvent traité comme une formalité, c’est en réalité l’un des meilleurs outils de pilotage RH d’une TPE-PME.

Ce que dit la loi

L’entretien de parcours professionnel est prévu par l’article L6315-1 du Code du travail, dans sa rédaction issue de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 qui a réformé l’ancien entretien professionnel. Il s’applique à tous les employeurs, sans seuil d’effectif : la plus petite TPE est concernée au même titre qu’une PME établie. Chaque salarié qui reste dans l’entreprise doit en bénéficier tous les quatre ans, et un état des lieux récapitulatif de son parcours est dressé tous les huit ans. Les nouvelles règles s’appliquent progressivement, avec une mise en conformité des accords collectifs au 1er octobre 2026.

  • Le parcours du salarié
  • Ses perspectives d’évolution
  • Les compétences à développer
  • Les dispositifs de formation mobilisables (CPF, VAE, conseil en évolution professionnelle)

Il ne porte pas sur la performance. Pas de notation, pas de bilan de résultats, mais un dialogue prospectif sur le parcours.

Indépendamment du cycle de quatre ans, dès lors qu’aucun entretien n’a eu lieu dans les douze mois précédents :

  • Congé maternité ou d’adoption
  • Congé parental
  • Congé de proche aidant
  • Congé sabbatique
  • Mobilité volontaire sécurisée
  • Arrêt longue maladie
  • Fin de mandat syndical

Trace obligatoire

L’entretien doit laisser une trace : un compte rendu écrit, remis au salarié et conservé par l’employeur. C’est cette trace qui prouve que l’obligation a été remplie.

L’état des lieux des huit ans, l’échéance qui cristallise tout

Tous les huit ans, l’employeur dresse un état des lieux récapitulatif du parcours de chaque salarié : entretiens réalisés, actions de formation suivies, éléments de certification acquis, progression salariale ou professionnelle.

Une entreprise qui découvre l’obligation à cette échéance se retrouve à reconstituer huit ans d’historique sans documents : c’est exactement la situation qu’un processus structuré, même simple, permet d’éviter. Le calendrier de suivi que nous mettons en place couvre les deux cycles, l’entretien quadriennal et l’état des lieux récapitulatif.

Ce que coûte de ne pas le faire

Dans les entreprises de 50 salariés et plus, si le salarié n’a pas bénéficié des entretiens requis et d’au moins une formation sur le cycle de huit ans, l’employeur doit abonder son compte personnel de formation (article L6323-13 du Code du travail).

L’absence de trace écrite des entretiens joue contre l’employeur dans un litige : rupture contestée, contestation d’une absence d’évolution professionnelle.

Sans ces entretiens, les signaux de démotivation et les projets de départ passent sous le radar, les besoins de formation restent informulés, et le turnover se subit au lieu de s’anticiper.

Transformer l’obligation en outil de pilotage

Un entretien bien mené fait remonter les écarts de compétences réels et les souhaits de progression. Mis en regard des dispositifs disponibles (plan de développement des compétences, CPF, financements de votre OPCO), il transforme des impressions diffuses en plan de formation concret.

Stagnation perçue, envie de changement, désengagement : ces signaux faibles s’expriment en entretien individuel, à condition que la posture soit celle de l’écoute et non de l’évaluation. Un salarié parle plus librement de ses perspectives à un interlocuteur neutre qu’à celui qui fixe sa prime.

Agrégés, les entretiens deviennent une source de données pour cartographier les compétences critiques, préparer les successions et anticiper les mobilités internes. C’est la matière première d’une démarche GEPP.

Comment nous intervenons

Externalisation de la conduite.

Un consultant mène les entretiens à votre place : neutralité perçue par les salariés, gain de temps pour la direction, comptes rendus formalisés et exploitables.

Formation des managers.

Posture d’écoute, structuration de l’entretien, gestion des situations délicates. Une prise en charge par votre OPCO est possible selon votre branche.

Structuration du processus.

Grille standardisée, modèle de compte rendu, calendrier de suivi calé sur le cycle légal : de quoi tenir l’obligation dans la durée sans y penser chaque semaine.

Questions fréquentes

L’entretien professionnel est-il obligatoire pour une TPE ?

Oui. L’article L6315-1 du Code du travail s’applique à tous les employeurs, sans seuil d’effectif ni dérogation pour les petites structures.

Quelle différence avec l’entretien annuel d’évaluation ?

L’entretien professionnel porte sur le parcours, les perspectives et la formation. Il ne comporte ni notation ni jugement de performance : c’est l’objet de l’entretien d’évaluation, qui est un exercice distinct et facultatif.

Que risque une entreprise qui ne les a jamais organisés ?

Un abondement du CPF du salarié peut être dû selon l’effectif, et l’absence de trace écrite affaiblit l’employeur en cas de contentieux prud’homal. Le diagnostic de conformité sert précisément à mesurer et corriger cet écart.

Qui doit mener l’entretien ?

Le dirigeant dans une TPE, un manager formé dans une PME, ou un consultant externe. L’externalisation apporte une neutralité qui libère la parole du salarié.

Que doit contenir le compte rendu ?

Date, participants, thèmes abordés (parcours, compétences, perspectives, dispositifs de formation évoqués), plan d’action et signatures. C’est le document qui atteste la conformité, notamment lors de l’état des lieux des huit ans.

L’accompagnement est-il finançable ?

Selon votre branche et votre OPCO de rattachement, une prise en charge totale ou partielle est possible, notamment pour la formation des managers à la conduite d’entretiens. Nous vérifions votre éligibilité au premier échange.